Phuket

The Good Shepherd Center for Women and Children
Rehabilitation and Development (G.S.C.W.C.R.D.)
N°1 Hatchana Village Soi 2/13
Anupasphuketkarn Road
Talardyai Sub-District, Muang District, Phuket 83000
Thailand
Tel : 08 59 08 65 60
Directrice : Sister Lakana Sukhsuchit
e-mail : lakanargs@gmail.com
goodshepherdphuket@gmail.com

Le projet principal à Phuket vise à donner aux femmes et enfants migrants du Myanmar (Birmanie), la capacité à se défendre contre le trafic des êtres humains. Les travailleurs immigrés en Thaïlande, d’après le rapport de 2010 du ministère du travail thaïlandais, étaient estimés à 1 345 067. 73% d’entre eux sont des clandestins sans papiers et pour la grande majorité ce sont des migrants qui viennent à Phuket en passant la frontière du Myanmar. Or cette population ne fait que croître à Phuket, compte tenu du besoin criant de main d’oeuvre non qualifiée bon marché. Ces femmes et ces hommes viennent à Phuket pour fuir la pauvreté et le chômage, à la recherche d’un emploi dans les secteurs de la pêche et de la construction.
Plus précisément, le projet que l’ACASEA s’apprête à soutenir à partir de 2014 vise directement ou indirectement 2 000 migrants vivant à Phuket et en particulier les femmes et les enfants qui vivent en communauté dans des campements à proximité des embarcadères de pêche ou sur les sites de chantiers de construction. Ces personnes sont victimes directement ou indirectement du trafic d’êtres humains. Ils subissent harcèlement, abus sexuels et travail forcé ou exploitation. De surcroît, il faut savoir que ces migrants en transit ne sont pas éligibles aux programmes des soins dit « à 30 bath » dont peuvent bénéficier les citoyens thaïs auprès des centres de santé publics. Ils doivent payer le plein tarif pour bénéficier des traitements mais faute d’un salaire convenable, ils ne peuvent pas se soigner. Il faut ajouter à cela leur difficulté à communiquer. De plus les hôpitaux doivent informer la police quand ils donnent des soins à des migrants et c’est donc un risque pour eux d’être reconduits à la frontière.
Ainsi, afin d’aider ces populations vulnérables nous proposons d’apporter notre soutien aux Good Shepherd’Sisters pour développer 5 activités principales :

1. Un toit, de la nourriture de base et des conseils
Il s’agit d’accueillir temporairement ces femmes et enfants qui sont vulnérables et qui courent le risque d’être victimes de trafiquants, du travail forcé et de violences domestiques. Pour cela il faut :
– prodiguer conseils et thérapie AMR (awareness, meditation, relaxation), il s’agit d’une approche basée sur la prise de conscience, la méditation et la relaxation accompagnée
de soins médicaux
– faire prendre conscience des conséquences du trafic d’êtres humains, du droit et des lois existants pour leur protection
– proposer une formation professionnelle
– offrir un accompagnement juridique dans certains cas via d’autres ONG

2. Éducation des enfants des migrants
L’objectif est d’apporter une assistance à l’éducation de 150 enfants migrants.
– en améliorant le langage parlé et écrit en thaï, en Birman et en Anglais
– en travaillant en étroite collaboration avec le ministère de l’éducation nationale thaïlandais pour que les enfants puissent fréquenter les écoles thaïlandaises
– en fournissant des bourses aux enfants défavorisés pour couvrir les frais scolaires.

3. L’aide aux soins et à la santé
Le but est d’apporter des soins à 500 hommes, femmes et enfants migrants par an
– grâce aux interventions des travailleurs soignants et des volontaires dans les campements qui procèdent à des « check-up » et distribuent des médicaments de base
– par le biais aussi des liens qui sont renforcés avec les agents de la santé du district et les représentants du ministère de la santé, ce qui permet à 50 migrants par an d’avoir accès aux services de santé publique (aide aux patients en phase terminale, travail de santé publique notamment en matière de prévention du Sida, planning familial, soins aux bébés et prévention contre la drogue et l’alcool).

4. Formation professionnelle
Cette formation s’adresse surtout aux femmes et aux enfants afin d’améliorer leur quotidien de vie en trouvant un emploi ou en développant une activité génératrice de revenus. Ces formations se concentrent sur la couture, la fabrication de fleurs en savon, la transformation et le séchage du poisson (couteaux), fabrication de conserves de crevettes avec des chillis, confection de soupes, vin rouge. On apprend même à faire pousser des légumes dans un cadre plongé dans l’eau et sans apport de terre.

5. Susciter l’éveil et la prise de conscience des migrants
– En organisant des séminaires pour 30 volontaires des communautés dans les campements afin d’avoir des meneurs capables de sensibiliser aux questions de santé,
de formation, d’éducation et de prévention des risques.
– En organisant aussi des événements culturels et sociaux qui réunissent à la fois les populations thaïs et Birmanes afin de mieux se connaître, s’accepter et réduire les discriminations.
Cette question de lutte contre les trafics des êtres humains est sur l’ agenda des Nations Unies. L’ACASEA ne doit pas l’ignorer. Le travail, engagé par sister Lakana avec l’aide de San, aide-infirmière et les volontaires, qui offrent souvent une journée de leur temps par semaine, doit être soutenue pour éviter que soient livrés à la pâture des trafiquants toutes les femmes, hommes et enfants qui luttent au quotidien pour vivre tout simplement.

Montant de l’aide octroyée par l’ACASEA en 2014 : 3500 €

6. Commentaires

De nombreux migrants birmans sont soumis à  la loi des passeurs qui leur demandent plusieurs centaines de dollars pour passer la frontière thaï-birmane et pour soit disant obtenir un emploi dans l’industrie.

Dans la réalité, un certain nombre d’entre eux sont vendus comme de la simple marchandise aux capitaines du bateau en cheville avec certains membres de la police thaïlandaise.

On enregistre de nombreux sévices sur les bateaux, et de nombreux actes d’exploitation. Certains migrants embarqués sont jetés à la mer, d’autres ne reçoivent jamais de salaire et parfois, jamais débarqués à terre.

De plus, certains migrants sont enrôlés sur les bateaux pour pêcher le « trashfish », transformé ensuite en nourriture pour l’aquaculture et en particulier, pour l’élevage des crevettes ou aussi pour l’alimentation des porcs et des poulets. Il faut savoir que ceci permet à des grands groupes d’acheter ces mêmes crevettes à des prix de moins en moins élevés.

Le trafic des êtres humains est un problème grave qui est sur l’agenda de l’Organisation Internationale du Travail, filiale de l’ONU.

Extrait de Faim et Developpement, CCFD Terre solidaire No287 de mai/juin 2015 :

Le terrible sort des Rohingya

 »La découverte macabre de dizaines de tombes au sud de la Thaïlande, dans les jungles proches de la frontière avec la Malaisie ,lève le voile sur le triste sort des Rohingya. Après avoir pris la mer pour échapper aux exactions dont ils sont victimes en Birmanie, ils passent entre les mains des passeurs et trafiquants d’êtres humains. Extorsions, esclavagisme, viols, voire meurtres… pour beaucoup, l’exode se transforme en enfer. Avec souvent la complicité des autorités thaïlandaises. Dans un rapport publié le 8 mai dernier, le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies notait qu’environ 25 000 personnes avaient quitté la Birmanie par bateau au cours du premier trimestre 2015. Chaque jour ou presque, les départs continuent vers la Thaïlande, la Malaisie ou l’Indonésie. Ces deux derniers pays ont annoncé le 20 mai qu’ils mettaient fin au refoulement des bateaux de Rohingya. »

7. Sujets d’actualité

Le trafic des êtres humains est devenu un sujet journalier d’actualité dès le mois de mai 2015 dans tous les journaux de Thaïlande et dans les déclarations du premier ministre thaïlandais, monsieur Prayut Chan-o-cha. Notamment des rapports circonstanciés ont fait état de sévices et de maltraitances envers des populations venant du Myanmar et du Bangladesh pour travailler en mer sur des bateaux thaïlandais. De surcroît, plusieurs charniers ont été découverts au sud de la Thaïlande apportant la preuve que des personnes ont été tenues en esclavage et exterminées. Des officiels de la police ou du gouvernement ont été mis en cause et feront l’objet de poursuites administratives et judiciaires.

8. Photos (droits d’images François Ducloux)

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